jouir à poing fermé
sur des îles nées d’une discorde
îles de terres frottées bord à bord par les vents, des filles du feu et de l’eau,
fertiles
nomme
se propulse
un tremplin pour pénétrer la case où se tient la lune
un cosmos pour accorder
les arpèges bossa qui nous suçotent l’oreille, free son jazz
arcades et hot papilles
et de nos corps-instruments aux presque tendres étendues
résiste une parole qui nous tisse
de mets érogènes, d’alizés
jouir à poing fermé
un déboulé des lianes
qui courent folles aux effets de la terre
Amechair qui surge
mort hall vie brute
récure récupe récape / rue close chose rue rare dans les
cloches standards tête halles cul
brute chair qui sème
poésie de sang comme poécrime retourne toujours sur les lieux du aime
de tout temps contes grimmant l’appel
la peau est comme une balle, rim’ tarte et poème crime
*
ô pépin de flemmes grasses
lourds pieds nus sur paupière roulante
je t’aime – une pensée amoureuse par jour lave la tête –
prisme aboli pour enchérir le fumier du sommeil
minuit mourir jolies circonstances
regarder les muscles se perdre
extase au palais
là bas il ya des poux pour toutes conditions
rêve tambour oiseaux
tout ce qui est défendu est-il fruité?
(Alors que commence sous nos yeux l’incendie des incidences, il faut ce soir une clarté vocale de perroquet pour distinguer dans le miroir aux savoirs les silhouettes suffisantes)
Ailé trépassé-I
lézarde entre les échoués du matin
musiques de bouteille vide
cœur en fissure cisaille, la voix éraillée par trop de soleils passés à la corde
(((au loin résonnent de vieilles cloches approximatives)))
vous avez demandé l’appeau lisse?
pervenche tapez 1, hirondelle tapez 2, poule blanche tapez 3
*
dans le jardin jusqu’au cou
dans l’herbe, la gueule ouverte
de loin en loin une lotion-passion pour amenuiser le temps
leurs planètes singent l’âme et la transparence des causes
animals-soupape engloutis, effet demi écrémé, poème light
l’arbre abrite et arbitre nos cavalcades
passé ivre et sel
hôtel de hauts bords
l’ombre y cache son propre pli
étreindre à vivre allure son poids
une pluie de démesure qui demeure
oubli même pas, le contrelisse continue
basse sans retour
je m’endors, sur un lit de corruption électrique ordinaire.
La terre nous guette encore.
un sac d’exemples
et une cartouche de monde
les tempêtes rayent le ciel (éclairs en radicelles, sons frisés, bulletin du vieux rien)
Moi
Clair
Jamais
une dictée de machoires de vingt hommes de couleur sous la lune sous la pluie sous la lune.
Vous venez de pénétrer dans un manuel de petite couture sans remboursement précis. Après une courte promenade sous les arcanes de l’affirmation cryptoportée, un gratte évidence magnétique vous attend au fond des poches, vous avancerez à bourdons rabattus, les oreilles dédressées mais aux aguets.
*
Agitation Carnaval. Essuyez votre bouche avant d’entrer.
Rêves débabillés de mille bruits d’oiseaux avec une phrase beckett comme flèche seule dans l’œil.
Crânes en correspondances sensibles, frire sans conséquences ou bien je ne suis pas libre
et frotter mal sa peau aux bouteilles de syllabes (génies cryogénisés, bris)
poésie des pétrifications
dentelle dilatée
bois très dur très près
des restes de fiancée devant l’église
passés au crible de mes dents (là où les araignées régissent le fantasme du langage)
*
Il dévidait les fibres, nuit vénus venue
disant nous sommes
pluie de marguerites écrites, épétalées et nous avançons racines au fusil
(catacombes noires demande tendresse)
tu es revenu en mode nuit interminable, incommençable, bercements et grognements sans cesse…. tu es revenu en mode mister gaga, gagaga, à me héler hé gars gars, cogner gras avec des gestes forts, des écartement de bouches, des langues qui sortent et tapent la lèvre inférieure, dadada …doudoudou, it’s all i want to say to you a ta ta ta …attends semble être ton premier mot comme le nom de ton frère fut ton premier cri.
ici dévidage d’une longue pelote de voix aveugles
intimes involontaires sans dessus contrôle
mémoires à bêcher, flics à flanc, so flute,
sur d’ancestrales terres hip hop
insousciance + pointillés = alhambras de belles passagères dissoutes
on récupère le train froid réchauffé de la conversation (avec un sel prisunic pour goût de tempête)
un coup sur la bouche, chutes
les voici.
Une sorte d’événement fluide, le livre en serait ainsi un volume, une vase à verser par le bec qui brûlerait dans une émission de benzendring venant polluer l’ordre des particules dites libres…
J’écoute la langue parler toute seule comme on observerait un fleuve de caillots sortir du robinet, roc d’âme par roc d’âme.
*
Et des styx à fumer pour ne plus avoir peur du noir.
Une fois le frein coupé sous la langue les textes pullulent.
Lieu d’accroche, combat paradigme, flair mouvant, centre pif paf boum du texte…
Intervalles rêve.
Il arrivait, orage haut débit, avec ses cicatrices traînées sur plusieurs siècles:
« paye-moi mon poids en guinées-tonnerre, le tout en monnaie de cyclones ».
Un chapelet de têtes-mémoire, collier de savoirs-osselets pendait à son cou comme à une branche morte portée par les vents d’Alabama. Des divinités crachées comme des joyaux de cerises par le goulot du canon.
*
Trêve verse mal entre ses yeux (deux trois trous seulement)
Crânes solaires, singes et zombies
Des océans de verbes nous attendent au travers du hublot des dernières portes du premier train de nuit. On peut peindre l’exil à l’éveil ou se tenir sur l’écorce insomniaque en attendant que la sève affleure.
La parole comme voix tuméfiée, la voix comme chair parlée, dansant la grammaturgie, le drame de la langue déchiré en trois gammes.
Il habite le présent en le traçant et en le quittant, impossible refuge de pattes de mouches, coffre auréolé d’autant de fuites possibles, le tout caché dans les mises en pli toujours trop soignées de la bouche…