Miel sauvage et bourdon inuit

Ecrire, dire, faire frire l’écriture, afficher, amplifier,  brûler quelques bâillons  (et en enregistrer la rumeur-crépitement).

Mouvement intime, collectif, peuplé, nu, armé avec des morceaux de bruits frais à l’intérieur.

Blog à part, sarbacane électronique d’édition, flux au curare, crachat quatre étoiles sur le grand mur intertrouble, lieu de transformation espéré.

Pour votre santé veuillez emprunter les passages souterrains et avancer jusqu’au feu…

Né-sens

On naît au milieu, on naît avec mille yeux,

mille yeux qui fourmillent, nous gardent, nous veillent, nous surveillent, nous intiment de fermer les paupières,

on naît de mille milieux qui nous traînent, nous entraînent, nous portent, forcent nos portes,

mille forces molles d’yeux et mille forçats,

on naît fait de la glaise de mille églises fondues, de mille golems en fusion, pâte au milieu d’un agrégat,

on naît peuplé de dépeupleurs, entouré de réducteurs de têtes, avec mille aiguilles plantées, vaudou bien dures, mille chas et mille chaos,

on naît marabout de soi-même, bout de ficelle de l’autre, de soi-l’autre, de l’autre même, avec mille tissus de vieilles, mille textures de veillées, mille mèches nouées

on naît de la poudre plein les yeux, des ancêtres plein les canons et de quelques fusées

on naît de toutes ces têtes entêtées, prêtes à en découdre, prêtes à défaire les costumes étriqués, tout ce qui craque à la couture

on naît, on naît, on était né déjà bien avant qu’on se le dise, qu’on nous le dise, qu’on nous la coupe, chique cordon, qu’on nous colle un nom comme un bandage de langage pour arrêter l’hémorragie d’être, on n’arrêtait pas de naître, bien avant qu’on nous tranche, divise en individu cible et on est pas prêt de mourir,

ou alors si on n’arrête pas de mourir non plus, déjà bien avant notre naissance on commençait à dépérir, on naît déjà mort ou un peu, beaucoup passionnément tartiné sur nos trente trois faces et nos millions de micro-sillons,

on naît en pelote, pelotonné, presque contre un mur, allez exécutez votre naissance, criez,

on naît prêt à rouler dans d’la pente, à se cogner dans d’la porte, on n’a rien inventé ni le fil ni le beurre, mais on est prêt à perdre parole, patience et haleine, on est plein de souffles comme de flèches, prêt à lâcher-tisser des nœuds dans la toile des signes, à se faire araignée, art et volt, volt et face, face et pile, pile dans le mil, et mille dans le milieu, on naît sans cesser de faire naître tout autour de nous.

Geste (tremblant) d’ouverture

Face à la terreur et au tremblement enfoncer le clou de ce qu’on est…

Dire que nous sommes pas immuables et que le tremblement, justement, nous est constitutif. Qu’il est la meilleure manière de frôler, résonner avec l’incertitude du monde.

Face à la violence des normatifs, face aux identités bellicistes pour qui l’autre est un obstacle, face à ceux qui dénigrent le spirituel et dévaluent le politique, face aux prédations économiques nous affichons , notre vulnérabilité, un certain besoin de l’autre.

Nous continuons à chercher une parole indécise, nos langues comme des saumons dans les courants du monde, nos identités multiples, réversibles, fluantes, nos opinions en pleine mue, nos croyances en oscillations.

A affirmer que tout est à faire, que nos origines sont devant nous, que nos racines sont aériennes et se balancent au gré des vents, que nos pensées pratiquent la photosynthèse poétique et transforment lentement le rayonnement en organisme mais que la peur est un gilet anti-rayonnement, anti-vie, anti-poésie. Affirmer que nos valeurs sont le questionnement, le doute voire une angoisse qui tente de s’assumer et de se transformer face à cette totalité de présences.

Que la dérive bien plus que l’intégration est notre mouvement.

Que notre boulot est de travailler inlassablement notre tolérance comme un poulpe que l’on tanne et qui n’en finit plus de s’attendrir, de dénicher nos clichés arrêtés par quels écrans, par quels murs à abattre, en les propulsant vers leurs propres extérieurs. Et que si nous n’accomplissons pas cette tâche régulièrement, presque rituellement il y aura toujours un tremblement de tête ou de texte, de corps ou de société pour nous le rappeler, cruellement.

Seul l’océan se remet du séisme.

Que vivre ce n’est pas se reposer dans une quelconque fixation de situation, d’opinion, d’habitat, d’habitus.

Que penser c’est ronger la chaîne et tendre des oreilles comme des ponts vers ce qui est sensé ne pas nous concerner.

Que ma fragilité revendiquée, ma virilité vrillée à toutes les sensibilités non identifiées, mon irréductibilité à quelque milieu que ce soit me fonde sur un sable des plus mouvant, instable et que cela constitue ma seule richesse. Que je ne laisserai personne couler une dalle, fut elle démocratique sur mon être.

Affirmer que nous poussons dans les failles.

Premier Conflit (un baiser sur la bombe)

Ces ateliers d’écriture ont été menés avec des élèves du lycée Perdiguier à Arles dans le cadre d’un « Bazar Etabli », dispositif d’investissement artistique d’un lieu, sur le thème du conflit.

La littérature n’avance que par conflits successifs, pire encore la poésie dont l’histoire est une pure ligne de ruptures où la violence couve sous le verbe.

On pourrait même dire que la poésie est la frange armée du langage, la ligne de front, la tranchée où se mène le combat entre la langue classique, convenue, établie, en règle, ayant ses petits papiers et ses grandes écoles et les émotions nouvelles foudroyantes, celles qui n’ont pas trouvé leurs mots, leurs voies, celles qui cherchent leurs indicibles, ce nouveau monde qui pousse ou fait irruption sous nos yeux et nos pieds, qui fissure.

Zones en friche du langage, terrain de lutte où opère la poésie, parfois de nuit, souvent clandestine, lieu où se mène le complot des nouvelles langues.

Un des autres lieux mouvant où se joue le conflit du sens reste l’oralité, la langue des jeunes, des cités, zones francophones et plus généralement la langue de tous les exclus de l’académie. La poésie fricote, tricote son fric-frac là.

Il y a 100 ans éclatait en Europe la « grande » guerre, massacre presque industriel de la jeunesse, carnage à la chaîne, morts innommables indénombrables, et par la même occasion effondrement partiel du rêve européen de progrès et de société rationalisée.

Pendant le même temps et en résonance, à Zurich en Suisse où la guerre n’avait pas lieu, un courant littéraire explosif trans-européen voyait le jour, le dadaïsme, la dynamite dans le texte, une des plus grande violence faite à la littérature. On en ressent encore les secousses…

Harmonie du désastre, il fallait composer les ruines avec les ruines. Le texte devenait à découper, à détruire et les poètes les terroristes de la langue…

Sortez vos armes, nous allons écrire.

Première partie, écrire au couteau (écrire c’est voler à l’étalage)

Temps 1

On découpe, prélève de façon compulsive, irrévérencieuse des fragments de textes dans les livres disposés sur la table. On fonctionne par lecture immédiate, ce qui vous saute aux yeux, seule question : cela me plait, cela ne me plait pas, cela me parle, me concerne, ou pas. Sans réflexion, la réponse est intuitive. Si on détourne les yeux ce n’est pas pour nous. On ne lit pas les textes, on observe ce qui surgit, ce qui nous mord… Les premiers mots arrivés. S’ils nous plaisent on les note sinon on laisse une ou deux autres chances au livre et on le repose. On renouvelle l’opération jusqu’à obtenir 7 fragments ( plus ou moins). Opérer pendant 15 minute. On ne note pas les références, ce sont tout sauf des citations. Les fragments font entre trois mots et deux lignes.

Temps 2

Récolte.

Une fois ces bris d’obus textuels pris dans la chair de la feuille, on compose un texte « au mieux », on tisse les fragments, on conjugue les éclats. On choisit un ordre, on agence. Il faut essayer ainsi le plus de combinaisons possibles. Le premier morceau sera déterminant, ou pas. On ajoute le moins de mots possible, on peut changer les temps ou les pronoms pour harmoniser. Cet exercice se compare et se nomme également patchwork, le texte est une étoffe, les changement sont alors assimilés à des coutures et on habille arlequin ou à des cicatrices et on habille Frankenstein. 10-15 minutes.

Deuxième partie, ring surréaliste

On se met deux par deux au sein de groupe de quatre. On commence par recopier la première phrase de notre patchwork et on passe le texte à son binôme. Il en invente la suite. À chaque clap de main on échange la feuille (il soit ainsi se créer une tension-rythme) au bout de quatre cinq aller-retour on change de partenaire soit au sein d’un carré préalablement défini, soit avec tout le groupe, on peut ainsi générer un moment d’effusion panique du genre « alerte à la bombe ». Ne pas hésitez à utiliser une bombarde. Et on recommence en entamant l’échange par la deuxième phrase du texte écrit au couteau. Tout le monde écrit tout le temps dans l’appréhension hilare du gong (il ne faut pas réfléchir trop longtemps, le temps presse, je dirais 90s)

Recommencer ce processus quatre fois.

Pulpes Fictions-1

J’ai aboyé les chiens, fusillé des snipers, pendu les belles hélènes aux bois des portes

j’ai sniffé plaines et reliefs – la traversée véloce du chantier france – de la poudre de TGV dans les artères – me suis enfermé dehors, libéré dedans.

Rongé par la tranche des traîtres domestiques, dents surnuméraires des vampires des villes, chiens loups auto-encagés

une rage au cou coule maintenant comme des colliers de fonte, des boulets

et je traîne ma tête aux abords aux abords aux abords du monde

j’aboie

 

 

campés sur nos continents

l’angoisse pure y pousse comme les blés

le ventre y est un étang clos, chaud

on n’emploie plus le zénith comme ascenseur

et les pierres ne réceptionnent plus aucune vibration.

 

 

Un coup de blanco sur nos transes – (fugitivités récurrentes de la réalité, les moteurs)

IL FAUT OUBLIER

se curer la carcasse, redevenir maître dans son désordre et lâcher à l’aléa des mots – comme des chiens – des grimaces de consentant, un coup de poudre sur la table.

Je lèche les vitrines des armuriers, les clous s’enfoncent dans la chair

un soleil de banlieue au sommet de mon sang

pour le choix des mots – une lame au hasard

 

 

Mélodies de l’à-vif, pianos des chairs, organes – 14h52.

Je dors en chien, loup, fusil arrêté, écran

l’oiseau passe, part, bientôt arrive – un fils.

 

Je ne suis plus bien sûr que la nuit soit un refuge.

 

 

Place des Antilles à Destine-Nation des cendres et des mots qui ne peuvent pas ne pas sortir de la bouche.

Par livres et livrées, chair au kilos, il n’y a plus que toi pour sauver le propos, réanimer le cœur de ma fiction, palper le cadastre de ma pensée.

 

Dix courent et pas un qui tient – Ombre irrationnelles! Paroles par Liberté ! Procuration.

S’asseoir ou courir isotrope au dessus du gouffre matriciel, un film de tex avery.

T’écrire.

 

Je m’invente une nativité et transforme tous mes allers en retours.

Pulpes fiction-2

Ici

le laboratoire des pneus crevés,

le creuset des détours, l’ornière des routes de l’errance.

Ma poésie texte libre dénué de personnages, de temps, d’organismes à physicalité constantes, texte infidèle à lui-même, corps qui éclate en nuées, pétales partielles et particules, fait rouler le sens dans l’herbe et dans la pente.

Les frontières ainsi englouties risquent de vous faire nager une double brassée de néant vidant un flux qui avait fui l’ordre, le discours, les barbelés et les miradors de l’entendement, les fleurs fanées du pot commun resté sourd.

La poésie est un raccourci Molotov, une grammaire sans grimoire, magie du sujet, seules les heures de vol comptent.

*

Tisser, tard veiller et faire brûler ; une part de nos mots à l’air libre, remodelant le tout de notre petit pareciel,

allumer des issues dans les impasses, des crêtes de feu comme des tignasses de lions,

Une terre décousue, voilà ce que nous avons à faire, notre métier, signaler nos positions archipéliques.

Un pied dans chaque île on décampe.

*

Un souffle sur les frêles

mots en pattes paquets, mot sur pieds, remis, becquée parole becquettée, ah non il remet ça,  parole éole puisée, parole purée – allez presse djoni  (ça me rappelle Love Coltrane…)

Po Peu Pai peu peu pao pai  !

Légitime attaque

Parce qu’il faut bien, quand les tiroirs sont pleins et avant qu’il ne deviennent des cadavres extraire des textes, pour pouvoir continuer à écrire.

(sinon c’est politique du compost, texte brûlé et littératures dans le pré…)

Parce beaucoup de choses ont été faites sans se soucier d’autre chose que de les vivre. Collectivement, intensément, poèmes nucléaires dans un rayon minimum, bombes d’oxygène instantanées. Campagnes d’affichage biodégradées à la vitesse minérale d’une sous-préfecture de bouches du rhône, enregistrements dans une cave calfeutrée d’agitation textuelle, cabarets de paroles et assauts poétiques définitivement consumés en place publique, assemblées de pures présences, archipel diversité et langues déroulées dans tous les sens. « Les gens sont tous venus avec leurs têtes ce soir». Leurs gueules, leurs tronches, leurs poings, leurs textes. Des veillées incandescentes de paroles enchassées, des flux qui se libèrent les uns autres.

Des disques, des revues y ont vu le jour, photopoésie, sonopoésie, expoésie, toutes les sauces osées du fulguro-poème. Mais la majeure partie de l’iceberg est restée en coulisse. Alors pour le plaisir ressortons quelques dossiers.

Et puis ce blog aura pour mes textes personnels une utilité presque hygiènique, celle de leur faire passer le test d’une légère pression atmosphérique. La plupart ne sont que des élucubrations auto-spiralées n’ayant jamais vu le jour et si je me demande encore s’il existe un sens à les partager, il n’y en a peut être pas plus à les garder. Je peux aussi partager cette question.

Si, sur ce fil à linge, un lambeau intéresse votre panière c’est buffet libre. Vous pouvez, pour ne pas rater l’occasion de créer de la Relation, me le dire ici.

Biotope

jouir à poing fermé

sur des îles nées d’une discorde

îles de terres frottées bord à bord par les vents, des filles du feu et de l’eau,

fertiles

 

nomme

se propulse

un tremplin pour pénétrer la case où se tient la lune

un cosmos pour accorder

les arpèges bossa qui nous suçotent l’oreille, free son jazz

arcades et hot papilles

et de nos corps-instruments aux presque tendres étendues

résiste une parole qui nous tisse

de mets érogènes, d’alizés

 

jouir à poing fermé

un déboulé des lianes

qui courent folles aux effets de la terre

 

Amechair qui surge

mort hall vie brute

récure récupe récape / rue close chose rue rare dans les

cloches standards tête halles cul

brute chair qui sème

 

poésie de sang comme poécrime retourne toujours sur les lieux du aime

de tout temps contes grimmant l’appel

la peau est comme une balle, rim’ tarte et poème crime

 

*

ô pépin de flemmes grasses

lourds pieds nus sur paupière roulante

je t’aime – une pensée amoureuse par jour lave la tête –

prisme aboli pour enchérir le fumier du sommeil

minuit mourir jolies circonstances

regarder les muscles se perdre

extase au palais

là bas il ya des poux pour toutes conditions

rêve tambour oiseaux

tout ce qui est défendu est-il fruité?

 

(Alors que commence sous nos yeux l’incendie des incidences, il faut ce soir une clarté vocale de perroquet pour distinguer dans le miroir aux savoirs les silhouettes suffisantes)

 

Ailé trépassé-I

lézarde entre les échoués du matin

musiques de bouteille vide

cœur en fissure cisaille, la voix éraillée par trop de soleils passés à la corde

(((au loin résonnent de vieilles cloches approximatives)))

 

vous avez demandé l’appeau lisse?

pervenche tapez 1, hirondelle tapez 2, poule blanche tapez 3

 

*

dans le jardin jusqu’au cou

dans l’herbe, la gueule ouverte

de loin en loin une lotion-passion pour amenuiser le temps

leurs planètes singent l’âme et la transparence des causes

animals-soupape engloutis, effet demi écrémé, poème light

l’arbre abrite et arbitre nos cavalcades

 

passé ivre et sel

hôtel de hauts bords

l’ombre y cache son propre pli

étreindre à vivre allure son poids

une pluie de démesure qui demeure

oubli même pas, le contrelisse continue

basse sans retour

je m’endors, sur un lit de corruption électrique ordinaire.

La terre nous guette encore.

 

un sac d’exemples

et une cartouche de monde

les tempêtes rayent le ciel (éclairs en radicelles, sons frisés, bulletin du vieux rien)

Moi

Clair

Jamais

une dictée de machoires de vingt hommes de couleur sous la lune sous la pluie sous la lune.

 

Vous venez de pénétrer dans un manuel de petite couture sans remboursement précis. Après une courte promenade sous les arcanes de l’affirmation cryptoportée, un gratte évidence magnétique vous attend au fond des poches, vous avancerez à bourdons rabattus, les oreilles dédressées mais aux aguets.

*

 

Agitation Carnaval. Essuyez votre bouche avant d’entrer.

Rêves débabillés de mille bruits d’oiseaux avec une phrase beckett comme flèche seule dans l’œil.

Crânes en correspondances sensibles, frire sans conséquences ou bien je ne suis pas libre

et frotter mal sa peau aux bouteilles de syllabes (génies cryogénisés, bris)

poésie des pétrifications

dentelle dilatée

bois très dur très près

des restes de fiancée devant l’église

passés au crible de mes dents (là où les araignées régissent le fantasme du langage)

 

*

Il dévidait les fibres, nuit vénus venue

disant nous sommes

pluie de marguerites écrites, épétalées et nous avançons racines au fusil

(catacombes noires demande tendresse)

 

tu es revenu en mode nuit interminable, incommençable, bercements et grognements sans cesse…. tu es revenu en mode mister gaga, gagaga, à me héler hé gars gars, cogner gras avec des gestes forts, des écartement de bouches, des langues qui sortent et tapent la lèvre inférieure, dadada …doudoudou, it’s all i want to say to you a ta ta ta …attends semble être ton premier mot comme le nom de ton frère fut ton premier cri.

 

ici dévidage d’une longue pelote de voix aveugles

intimes involontaires sans dessus contrôle

mémoires à bêcher, flics à flanc, so flute,

sur d’ancestrales terres hip hop

insousciance + pointillés = alhambras de belles passagères dissoutes

on récupère le train froid réchauffé de la conversation (avec un sel prisunic pour goût de tempête)

un coup sur la bouche, chutes

les voici.

 

Une sorte d’événement fluide, le livre en serait ainsi un volume, une vase à verser par le bec qui brûlerait dans une émission de benzendring venant polluer l’ordre des particules dites libres…

J’écoute la langue parler toute seule comme on observerait un fleuve de caillots sortir du robinet, roc d’âme par roc d’âme.

 

*

Et des styx à fumer pour ne plus avoir peur du noir.

Une fois le frein coupé sous la langue les textes pullulent.

Lieu d’accroche, combat paradigme, flair mouvant, centre pif paf boum du texte…

 

Intervalles rêve.

Il arrivait, orage haut débit, avec ses cicatrices traînées sur plusieurs siècles:

« paye-moi mon poids en guinées-tonnerre, le tout en monnaie de cyclones ».

Un chapelet de têtes-mémoire, collier de savoirs-osselets pendait à son cou comme à une branche morte portée par les vents d’Alabama. Des divinités crachées comme des joyaux de cerises par le goulot du canon.

*

 

Trêve verse mal entre ses yeux (deux trois trous seulement)

Crânes solaires, singes et zombies

Des océans de verbes nous attendent au travers du hublot des dernières portes du premier train de nuit. On peut peindre l’exil à l’éveil ou se tenir sur l’écorce insomniaque en attendant que la sève affleure.

La parole comme voix tuméfiée, la voix comme chair parlée, dansant la grammaturgie, le drame de la langue déchiré en trois gammes.

Il habite le présent en le traçant et en le quittant, impossible refuge de pattes de mouches, coffre auréolé d’autant de fuites possibles, le tout caché dans les mises en pli toujours trop soignées de la bouche…